« L’argentique c’est pas pour les gens impatients… ou alors tu travailles sur toi ! »
Quand on parle de “vintage”, on pense d’abord à l'esthétisme que présente la tendance (décoration, mode, …). Mais pour certains, le phénomène représente plus : il ne s’agit plus uniquement des vêtements que l’on porte ou de la musique qu’on écoute. C’est une vraie philosophie que certains passionnés appliquent au quotidien et qui peut se résumer le concept de “prendre le temps de”. Pour ce faire, cela passe par le bannissement de la technologie dans leur quotidien ou une diminution de leur utilisation. A côté de cela, on adopte une manière d’être et de consommer différemment
Le portrait de l’homme vintage se cale essentiellement sur les stéréotypes que nous pouvons avoir ce cette époque, en ne retenant que le meilleur. En premier lieu, il est viril et masculin sans être machiste. La galanterie est aussi importante, d’autant plus qu’elle a tendance à se perdre dans notre société moderne. Tenir la porte, tirer la chaise, être poli devienne des qualités essentielles pour tenir le rôle de l’homme vintage
Comme pour l’homme, le portrait de la femme se construit avec les clichés, positifs, de l’époque. Celle-ci est alors distinguée, raffinée et sensuelle. Cette beauté, elle se la construit par sa manière de paraître,, mais aussi dans sa gestuel. Elle est indépendante, mais paradoxalement, elle recherche la compagnie de la gente masculine. Le tout est de trouver un équilibre entre ces deux rôles.
Les périodes que nous mettons sous le terme “Vintage” font rêver mais, Guillaume Fédou relativise cette notion de nostalgie, en pointant la source de celle-ci
Le vintage possède ses propres codes et Alice Rimsky, une passionnée de cette tendance s’y est intéressée. Elle nous explique alors comment elle constitue son style et pourquoi elle opte pour cette alternative.

les accessoires sont remis au goût du jour et deviennent indispensables pour finir sa tenue vintage : chapeau, bretelles, noeud papillon, lunettes rondes, etc

on identifie de styles bien différent : les hommes aux cheveux courts gominé et rasé de près d’un coté, et de l’autre ceux barbu avec une masse de cheveux plus importante sur le dessus du crâne.

c’est le retour des costumes trois pièces et des motifs (carreau, fleurs)
deux tendances se distinguent. Certains vont porter une longue barbe, comme les hipsters, d’autres vont être rasés de près rappelant le style des hommes des années 50.

la mode est au cheveux courts ou relevés, et les coiffures sont travaillées, gardant les ondulations naturelles.

il est constitué de trois éléments : un trait de liner au-dessus des yeux pour accentuer le regard, des lèvres d’un rouge vif et un teint lumineux à tendance claire.

on préfère les robes et les jupes (arrivant à la hauteur du genoux ou mi-mollet) même si les pantalons ne sont pas proscrits. Toutes les tenues sont cintrées, mettant ainsi en valeur les formes du modèle
chapeau (capeline, cloche, etc), foulard à motifs, bijoux, … comme chez les hommes, l’accessoire vient finaliser une tenue.
Le vintage possède donc ses propres codes, quand il s’agit d'apparaître mais aussi de vivre. Ainsi des communautés ont éclos un peu partout, que ce soit sur le web ou dans des évènements spécifiques. Ces groupes de personnes, partageant les mêmes valeurs et le même goût pour l’ancien se réunissent par exemples lors de salons ou de manifestations à thématiques Rétro.
Laurent Journo, organisateur du salon du Vintage, discute sur les communautés que ces évènements crées.
Le vintage fédère. C’est ce que nous explique Philothée Gaymard, avec l’apparition de plusieurs communautés qui se sont créées, virtuellement ou non, autour de cette tendance.
L’association Chap fait parti de ces tribus, de ces communautés fondées grâce à une passion commune pour le vintage.
Il n’est pas uniquement question d’esthétisme, puisque les membres sont engagés politiquement, réunit sous la bannière de l’anarcho-dandysme. Cette contre-culture récupère le concept du gentleman anglais et bannit ses vices. Elle évince le système de classes sociales : “on choisit ce que l’on porte plutôt ce que l’on devrait porter en fonction de son milieu d’origine” illustre Gustave Template, un auteur et éditeur pour le magazine de l’association Chap,The Chap Magazine.
Ces derniers luttent contre une décadence moderne programmée. Cela se concrétise par la manifestation, dans les rues, contre de grandes marques (nike, starbuck, gap, …) Pour les Chaps, ces dernières sont à l’origine de la détérioration de la culture, du style ou de l’individualisme.
Les Chaps ont créé un évènement nommé “The Chap Olympiad”, qui a lieu tous les ans à Bedford garden, dans le centre de Londres.
Ouvert à tous, les passionnés du Vintage se retrouvent, habillés en tenues d’époque, afin de partager et d’effectuer un véritable saut dans temps.
À cette occasion sont organisés des jeux un peu particuliers. On compte parmi eux “la joute de parapluie” ou encore le “volley melon”. Ces sports n’ont rien d’officiel mais permettent de fédérer dans une ambiance saine et conviviale. Le but de la démarche est de recréer une passion liée à l’action. Tristan Langlois, un des animateurs de l’événement parle de “faire quelque chose pour le plaisir de le faire”, loin des enjeux économiques ou politiques.